Une émotion, agréable ou désagréable, nous trouble et provoque en nous une tension accompagnée de modifications physiologiques autant que psychiques, par exemple un rougissement de plaisir, de gêne ou de colère. Quand l'émotion est agréable, la tension s'apaise toute seule avec le temps (ou nécessite une résolution dans l'orgasme si elle s'est focalisée sur la génitalité). Une émotion désagréable est vécue comme un stress, mobilisant notre corps pour l'éliminer.

    En subissant les stress, en restant passif, notre corps déclanche ce que H. Laborit a appelé le système inhibiteur de l'action, la tension produisant alors des effets nocifs sur notre organisme. Dans l'action, au contraire, que ce soit dans la lutte ou la fuite, la tension trouve une résolution satisfaisante pour le corps.

    L'action, sous-tendue par notre pulsion motrice, est une fonction vitale, nécessaire à notre survie.

    J'ai eu l'occasion de montrer dans La spasmophilie, le mal de vivre, que chez les spasmophiles, les émotions accumulées se transformaient en tensions neuro-musculaires, provoquant, au-delà d'un certain seuil, des spasmes, à l'origine de nombreux troubles fonctionnels - coliques spasmodiques, crampes, douleurs thoraciques, migraines, fourmillements, picotements et autres paresthésies, etc.

    Les stress subis passivement engendrent parfois des troubles immunitaires - allergies, maladies auto-immunes - ou une diminution des défenses.

    Nous n'avons pas la commande consciente de nos émotions, mais nous avons la possibilité d'être plus ou moins en harmonie avec elles. Cela nécessite de ne pas les refouler et de les prendre en compte afin d'avoir le comportement le plus adapté à nous-même et à la réalité. Cela signifie qu'il est important de laisser une place dans notre vie à l'écoute de nos émotions et de notre inconscient ; le cas échéant, notre inconscient exprimerait par l'intermédiaire de notre corps, souvent de manière douloureuse, parfois destructrice, ce que nous refusons d'entendre.

    Ceci ne veut pas dire qu'il faut s'écouter, ce qui correspondrait à une attitude passive, spectatrice de soi-même où l'être n'est plus qu'un objet-victime, comptant ses blessures. Cela veut plutôt dire prendre soin de soi, de son corps, le mettre en valeur, et veiller à le faire respecter.

 

L'ouvage de Ph. Lefèvre est dans la bibliographie du module 4 de la formation.